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Wwoofing pour seniors

Le wwoofing pour seniors, commences à 50 ans

Offrir un coup de main à des agriculteurs en échange du logement et des repas : voilà le principe du wwoofing. Bien plus qu’un simple échange de services, cette pratique repose sur la découverte de nouveaux savoir-faire, l’immersion dans le monde agricole et les rencontres humaines.

Une idée née dans les années 1970

Le mouvement est apparu en Angleterre en 1971. À l’origine, une employée londonienne souhaitait soutenir l’agriculture biologique pendant ses week-ends. Elle proposa alors son aide à des fermiers bio sous l’intitulé « Working Weekends on Organic Farms ». L’initiative séduisit rapidement de nombreuses personnes et donna naissance au réseau WWOOF, aujourd’hui présent dans de nombreux pays sous le nom de « World Wide Opportunities on Organic Farms ».

En France, l’activité est encadrée par l’association Wwoof France, qui veille au respect d’une charte commune. Celle-ci définit les engagements des hôtes et des wwoofeurs afin de garantir des séjours enrichissants, respectueux et sécurisés pour chacun.

Les agriculteurs adhèrent à l’association pour une cotisation annuelle de 30 euros, tandis que les wwoofeurs s’acquittent d’une participation de 25 euros.

Des hôtes motivés par la transmission

Installés dans une petite exploitation maraîchère en Dordogne, Isabelle et Laurent accueillent des wwoofeurs depuis cinq ans. Pour eux, l’expérience va bien au-delà de l’aide apportée sur la ferme.

« Nous n’avons jamais cherché de la main-d’œuvre gratuite », explique Laurent. « Ce qui nous plaît, c’est de montrer notre métier, d’expliquer comment nous cultivons nos légumes et de partager notre quotidien. »

Le couple apprécie particulièrement les échanges avec des personnes venues d’horizons très différents.

« Chaque séjour apporte son lot de découvertes. Certains visiteurs arrivent avec des projets de reconversion, d’autres sont simplement curieux. Dans tous les cas, les discussions sont toujours passionnantes », ajoute Isabelle.

Une immersion dans la réalité du terrain

Pour Camille, 34 ans, graphiste à Lyon, le wwoofing représentait une occasion unique de découvrir le monde agricole.

« J’avais envie de comprendre ce qu’il y avait derrière les produits que l’on retrouve sur les marchés. Pendant deux semaines, j’ai participé aux récoltes, à l’entretien des cultures et à la préparation des paniers. J’ai appris énormément de choses. »

Au-delà de l’aspect technique, elle retient surtout la dimension humaine de son séjour.

« On partage les repas, les discussions, parfois même les projets. On se sent rapidement intégré à la vie de la ferme. »

Une expérience qui marque les plus jeunes

À seulement 20 ans, Thomas a choisi de consacrer une partie de ses vacances d’été à une exploitation d’élevage dans le Lot.

« Je cherchais une expérience différente des voyages classiques. Je voulais être utile tout en découvrant une autre façon de vivre. »

Pendant trois semaines, il a participé aux soins des animaux et aux travaux quotidiens de la ferme.

« J’ai découvert la réalité d’un métier exigeant mais passionnant. Ce qui m’a le plus surpris, c’est l’accueil. Les hôtes m’ont considéré comme un membre de la famille. »

Un enrichissement mutuel

Le partage ne fonctionne pas dans un seul sens. Les hôtes apprennent également beaucoup de leurs visiteurs.

Laurent se souvient notamment d’une jeune wwoofeuse venue d’Espagne.

« Elle travaillait dans la communication digitale. Grâce à elle, nous avons complètement repensé notre présence sur les réseaux sociaux. Elle nous a aidés à mettre en valeur notre activité et nous a transmis des compétences que nous n’avions pas. »

Ces échanges de connaissances font partie des aspects les plus appréciés du wwoofing.

Un cadre pour éviter les dérives

Comme toute activité basée sur la confiance, le wwoofing peut parfois connaître quelques difficultés. C’est pourquoi l’association veille à ce que les séjours respectent la philosophie du mouvement.

Les hôtes doivent offrir de bonnes conditions d’accueil et proposer des activités formatrices. De leur côté, les wwoofeurs sont invités à participer activement à la vie de la ferme et à faire preuve de motivation.

La plateforme effectue un suivi régulier et recueille les avis des participants afin de maintenir la qualité des échanges.

Une aventure à renouveler

Pour Camille comme pour Thomas, l’expérience a donné envie de repartir.

« J’aimerais découvrir une exploitation viticole lors de mon prochain séjour », confie Camille.

Thomas, lui, envisage de tester d’autres univers agricoles : « Il existe tellement de possibilités : élevage, apiculture, arboriculture… Chaque ferme permet d’apprendre quelque chose de nouveau. »

Aujourd’hui, la France compte plus de 2 000 hôtes et plusieurs dizaines de milliers de wwoofeurs inscrits sur la plateforme nationale. Une diversité qui permet à chacun de trouver une expérience correspondant à ses envies, qu’il s’agisse d’un projet professionnel, d’une découverte du monde agricole ou simplement d’une aventure humaine hors du commun.

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